
D’un atelier d’orgues au siège de Greenpeace Belgique
- Bureau
- Privé
- Réalisé
- Localisation
Bruxelles
- Surface
2.300 m²
- Client
VIA Ex
- Partenaires
AAIA, Matriciel, VETO
- Description
Projet de rénovation et de transformation pour le nouveau siège de Greenpeace Belgique
Le nouveau siège de Greenpeace Belgique s’inscrit dans un îlot bâti dense à Laeken, à Bruxelles. Les bâtiments existants faisaient autrefois partie de l’atelier d’orgues Manufacture d’Orgues de Bruxelles. Pour révéler les qualités cachées de cet ensemble industriel et les intégrer au processus de conception, nous avons appliqué une méthode de « matchmaking » qui nous permet de repenser de manière innovante la programmation du projet. Nous analysons d’abord les structures existantes ainsi que les climats intérieurs et extérieurs, puis nous les « faisons correspondre » aux activités spécifiques de Greenpeace – des réunions au mur d’escalade. Il en résulte un environnement de travail right-tech et de haute qualité, où une technologie réfléchie est mise en balance avec la qualité spatiale et la durabilité.
Greenpeace est lauréat du Prix ‘Smart Building’ aux Green Solutions Awards Belgique 2025. Le projet est également lauréat bronze du ‘Climate Future Project award’ 2024 aux Belgian Construction Awards.
Plan d’implantation
Prendre soin de l’existant
Le projet prend forme à partir d’une lecture minutieuse du contexte. Le quartier hyperdivers autour du bassin Vergote combine maisons de rangée bruxelloises, vues dégagées sur l’eau et présence industrielle de silos à ciment. Nous prolongeons cette stratification dans le projet par une approche précise des espaces et structures existants. En phase avec la philosophie de Greenpeace, nous utilisons « juste assez » d’espace, de matériaux et d’énergie : c’est ce que nous appelons la suffisance. Un modèle de confort adaptatif permet aux températures, à la lumière et à la ventilation de suivre le climat extérieur et le taux d’occupation, réduisant encore la consommation d’énergie sans compromettre la qualité d’usage.
Toit-terrasse et extension au-dessus de l’ancien atelier d’orgues. Copyright Stijn Bollaert.
Activity-based
Grâce à un processus de co-création intensif, nous avons appris à connaître en détail le fonctionnement de Greenpeace. Nous avons organisé des journées d’immersion dans les anciens bureaux et un moment interactif pour les volontaires à bord du navire Rainbow Warrior à Ostende. Nous avons cartographié profils, besoins et modes de travail. Il en est ressorti, entre autres, une demande explicite pour davantage d’interactions internes et une atmosphère de travail dynamique.
À partir d’une approche activity-based, nous distinguons différentes activités : réunions formelles et informelles, travail de concentration, appels téléphoniques, repas, création et escalade. Les espaces sont conçus en conséquence, accessibles à tous les profils et reliés entre eux autour d’une cour intérieure centrale. Le partage de certaines zones avec des organisations locales renforce les interactions sociales et le sentiment de communauté. Un regroupement réfléchi des fonctions, des équipements mutualisés et des séparations acoustiques ciblées permettent la coexistence harmonieuse de multiples activités, sans nuire au calme ni à la concentration.
« En totale cohérence avec la philosophie de Greenpeace, nous appliquons différentes stratégies pour n’utiliser que la quantité d’espace et d’énergie strictement nécessaire. Ce concept, nous l’appelons la “suffisance”.» Luutzen Schaap, architecte de projet
Matchmaking entre espaces existants et activités souhaitées.
Réfectoire. Copyright Stijn Bollaert.
Matchmaking
Un faible impact environnemental va ici de pair avec une expression architecturale forte. La conservation, la rénovation et la transformation ne se contentent pas de réduire le carbone incorporé ; elles exploitent pleinement les différentes couches spatiales existantes. La philosophie de suffisance se traduit par des choix en apparence évidents : l’ancien atelier d’orgues devient un atelier pour les activistes, tandis que les maisons de rangée côté rue accueillent des chambres d’hôtes.
Une séquence soigneusement composée d’espaces intérieurs et extérieurs, de zones publiques et privées, et de climats plus ou moins conditionnés offre à l’équipe de Greenpeace plusieurs manières de s’organiser. L’air y joue un rôle clé. La ventilation est réglable pièce par pièce, ce qui permet des usages variés, limite le nombre de gaines et évite des interventions structurelles lourdes. Le système fonctionne de concert avec un rafraîchissement naturel par ventilation : les fenêtres s’ouvrent et se ferment automatiquement en fonction de la température, du vent et du taux de CO₂. Avec une technologie minimale, le potentiel du bâtiment existant est ainsi affiné pour sa nouvelle phase de vie.
Cette approche de matchmaking et cette philosophie de suffisance aboutissent à un siège de Greenpeace Belgique qualitatif, expressif et respectueux de l’environnement, où l’ancien atelier d’orgues trouve une nouvelle résonance contemporaine.
Passage couverte vers la cour intérieure centrale. Copyright Stijn Bollaert.
Toit-terrasse et extension au-dessus de l’ancien atelier d’orgues. Copyright Stijn Bollaert.












